|
|
|
|
Visite du village |
|
|
Suivez le guide... |
Conques fait partie des 9 plus beaux villages de l'Aveyron aux cotés de Belcastel, Najac, Sauveterre, La Couvertoirade, Estaing, Sainte Eulalie d'Olt, Saint Côme d'Olt, et Brousse le Château.
Etirée à flanc de coteau, l'agglomération conquoise enserre son église au nord et à l'ouest, suivant un vaste arc de cercle. Le plan originel, celui du Xème ou du XIè siècle, s'est conservé dans ses grandes lignes, hormis les altérations provoquées par le percement de la route départementale à travers la ville, à la fin du XIXème siècle. La croissance urbaine a pu se réaliser à partir de l'embranchement de deux chemins, peut-être préexistants en forme d'Y : c'est le pairle héraldique (un Y aux bras inégaux) qui figure, accompagné de trois coquilles, sur les armes de Conques. Il s'agit d'abord de la via podensis, la route de pèlerinage venue d'Estaing qui traverse le bourg dans sa plus grande longueur entre l'ancienne porte de Fumouze et la porte de la Vinzelle, pour gagner Figeac. Sur cette "rue Haute" (actuelle rue Émile-Roudié) vient se greffer la rue qui descend à l'église, puis franchit la Porte du Barry sous le nom de rue Charlemagne et dévale le versant jusqu'au Pont "romain" sur le Dourdou. Il est relié à Conques par la double rangée de vieilles maisons qui, le long de la rue Charlemagne, forme le principal faubourg de la ville, le Barry.
|
A.
L'abbatiale Sainte-Foy
B. Cloître C. Trésor d'orfèvrerie D. Musée du docteur Fau |
1.
Rue Charlemagne
2. Porte du Barry 3. Fontaine du Barry 4. Chapelle Saint-Roch 5. Pont "romain" 6. Fontaine de Mounèdes 7. Château d'Humières |
8.
Porte de la Vinzelle
9. Tour des remparts 10. Oratoire de la Capelette 11. Fontaine de Fumouze 12. Mairie et centre culturel 13. Centre européen |
|
|
Une abbaye, un village et un site... |
L'abbatiale sainte Foy
se trouvait enserrée, au midi et au levant, par le monastère qui abritait l'importante
communauté bénédictine de Conques. De ses bâtiments, disparus, ou bien reconstruits à
l'extrême fin du Moyen Age, il subsiste une très élégante chapelle abbatiale de style
flamboyant, aux voûtes ornées de fresques; elle vient d'être restaurée et rendue au culte.
Quant au
cloître roman élevé par l'abbé Bégon III en contrebas du
transept Sud, l'essentiel était resté en place jusque vers 1830, lorsque l'architecte
départemental décida de le faire raser, sans doute pour éviter une restauration trop
onéreuse. Ici Prosper Mérimée est arrivé trop tard ! Seules furent épargnées, à l'Est, deux
petites arcades ouvrant sur l'ancienne salle capitulaire, et, à l'opposé, les six baies
géminées sous arcs de décharge - selon une disposition analogue à celle des tribunes de
l'église - qui mettaient en communication la galerie
occidentale du
cloître et le réfectoire des moines. Les récents travaux
réalisés par les Monuments historiques, sous la direction de M. Fonquernie, architecte en
chef, ont abouti a la restitution de l'aire du
cloître,
jusque-là banal jardin de presbytère. La mise au jour, sous une épaisse couche de terre, de
fragments du dallage et celle des fondations de la murette portant la colonnade intérieure,
permirent de reconstituer le tracé des quatre galeries. Aujourd'hui, le pavage refait, le
mur-bahut remonté, suggèrent parfaitement le plan du
cloître roman
(28 m x 26 m).
Celui-ci avait bénéficié d'un programme décoratif ambitieux, comme en témoignent les
chapiteaux
et les tailloirs rescapés du désastre de 1830, et qui, pour la plupart, portent la marque
bien particulière des sculpteurs de l'atelier de Bégon III. A l'élégance sobriété des
corbeilles ornementales garnies de feuilles à bec recourbé, s'oppose la savoureuse
fantaisie des innombrables thèmes animaliers, tandis que tout un monde de guerriers,
d'acrobates ou de moines bâtisseurs fait revivre pour nous la société de ce début du XIIème
siècle, aux côtés des anges.
Mais la réalisation majeure a été le remontage et la restauration du
grand bassin claustral
à partir d'éléments démontés au moment de la démolition du
cloître.
Par l'originalité de son matériau, la serpentine de coloration vert foncé en provenance du
Puech de Voll près de Firmi, comme par la beauté de son ordonnance et de son décor sculpté,
ce bassin, malheureusement privé de sa vasque centrale, représente un monument sans
équivalent dans tout l'art monastique.
L'abbatiale
et le
cloître,
qui renferment tant de richesses, se trouvent à leur tour enchâssés au milieu d'un
village et d'un site exceptionnels. A la différence de Saint-Sernin de Toulouse et de tant
d'autres églises urbaines, Sainte-Foy bénéficie de l'environnementt d'un bourg médiéval qui,
avec ses
ruelles pavées,
ses fontaines romanes,
son four banal même, a su garder son authenticité, les
maisons
à pans de bois coiffées de leurs hautes toitures de schiste argenté, l'ancien hospice des
pèlerins, le
château d'Humière,
se pressent toujours autour de
l'église et forment avec elle un ensemble
indissociable.
Mettant leurs pas dans ceux des pèlerins de Compostelle, les touristes modernes ont encore
le privilège de franchir les portes de la ville, ouvertes dans l'enceinte de remparts assez
bien conservés. Au-dela de la
porte du Barry
- c'est-à-dire du Faubourg - ils dévaleront la pente de la
rue Charlemagne
bordée de vieilles demeures jusqu'au
pont "romain"
en dos d'âne qui enjambe le Dourdou, en direction d'Aubin. Par la
porte de la Vinzelle,
d'où s'échappait le chemin de Figeac, ils pourront monter au plus haut des remparts et,
dominant
l'église
et le village, admirer la conque sauvage à l'horizon barré par la pénéplaine tabulaire au
sein de laquelle elle s'est creusée.
|
Textes de Jean-Claude FAU
Editions du Beffroi - Conseil Général de l'Aveyron |
|
|
|