CONQUES : visite du cloître


Le cloître



Les vestiges du cloître

L'abbatiale se trouvait enserrée au midi et au levant par le monastère qui abritait l'importante communauté de moines bénédictins.
Le cloître élevé par Bégon III en contrebas du transept sud, l'un des plus beaux sans doute de la France méridionale, disparut en grande partie, faute d'entretien, au début du XIXème siècle; et ses matériaux servirent de carrière aux habitants du village. Prosper Mérimée arriva quelques années trop tard pour le sauver.
Seules furent épargnées, à l'est, deux petites arcades ouvrant sur l'ancienne salle capitulaire et, à l'opposé, les six baies géminées qui mettaient en communication la galerie occidentale du cloître et le réfectoire des moines. Les travaux récents réalisés par les Monuments Historiques ont abouti à la restitution de l'aire du cloître. La mise au jour, sous une épaisse couche de terre, de fragments du pavage et celle des fondations de la murette portant la colonnade intérieure permirent de reconstituer le tracé de trois des quatre galeries. L'emplacement de la dernière est occupé par le bâtiment moderne qui abrite le Trésor. Aujourd'hui, le pavage refait et la murette remontée suggèrent parfaitement le plan du cloître roman. I1 s'avère presque petit (28 m X 26 m) par rapport à celui de Moissac (39 m X 37 m), mais les constructeurs durent tenir compte des difficultés inhérentes au manque d'espace.



Le bassin de serpentine

Le grand bassin claustral a été remonté et restauré à partir d'éléments démontés au moment de la démolition du cloître. Par l'originalité de la pierre utilisée, une serpentine de coloration vert foncé, comme par la beauté de son ordonnance et de son décor sculpté, ce bassin, malheureusement privé de sa vasque centrale, représente un monument sans équivalent connu dans tout l'art monastique.


Quelques chapiteaux épargnés par le temps

Le monument n'en dénote pas moins un programme ambitieux, tant sur le plan de l'architecture que de la sculpture. Une trentaine de chapiteaux provenant des arcades disparues sont exposés soit dans l'ancien réfectoire, à l'entrée du Trésor, soit dans le musée lapidaire au sous-sol du Musée du docteur Fau. Tous s'identifient aisément grâce à l'emploi d'un calcaire gris clair en provenance du Causse, un matériau qui ne reparaît nulle part ailleurs. Sur les corbeilles et les tailloirs, à côté : des thèmes animaliers ou des anges, tout un monde de guerriers, de moines bâtisseurs, mais aussi d'acrobates et de montreurs de singes, fait revivre pour nous la société de ce début du XIIème siècle.




Textes de Jean-Claude FAU
Editions du Beffroi - Conseil Général de l'Aveyron
Photographies d'André KUMURDJIAN