CONQUES : visite du trésor d'orfèvrerie
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Le trésor d'orfèvrerie
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La Majesté d'or de sainte Foy
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Une statue d'or et de pierres précieuses
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«Lorsque nous avons paru devant elle, l'espace était si resserré, la foule prosternée
sur le sol était si pressée, qu'il nous fut impossible de tomber à genoux... En la
voyant pour la première fois, toute en or, étincelant de pierres précieuses et
ressemblant à une figure humaine, il parut à la plupart des paysans qui la
contemplaient, que la statue les regardait d'une manière vivante et qu'elle exauçait
de ses yeux leurs prières.»
Depuis que Bernard d'Angers a écrit ces lignes, c'est à dire vers l'an 1010, tout a
changé autour de la statue, son environnement matériel autant que spirituel. La
ferveur qui entourait les insignes reliques - une calotte crânienne doublée d'argent,
reconnue pour avoir appartenu à une toute jeune fille, et logée dans une cavité de
l'âme de bois - s'est estompée. Pourtant, dans le visage impassible, les prunelles
d'émail bleu foncé fixées sur l'éternité n'ont pas perdu leur étrange pouvoir de
fascination.
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Transformations et embellissements
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Depuis sa création, la statue-reliquaire a connu une série de transformations ou
d'embellissements qui, sans en dénaturer les caractères essentiels, permettent néanmoins
de distinguer. Plusieurs états successifs. Il faut d'abord faire abstraction des longues
et étroites chaussures qui, à l'exception de la bande de filigrane du dessus, ne datent
que du siècle dernier. Les avant-bras tendus à l'horizontale et les mains tenant
chacune un petit tube destiné à recevoir une fleur, ont été façonnés au XVIème siècle
seulement. De ce fait, nous ignorons le geste exact initialement attribué à la sainte.
L'époque gothique lui a apporté une surcharge considérable, composée de pièces
d'orfèvrerie les plus diverses provenant des dons des pèlerins. L'adjonction la plus
importante consiste en une monstrance du XIVème siècle, placée sur la poitrine,
permettant d'apercevoir la relique par une ouverture quadrilobée. On peut ainsi
remonter jusqu'à la description que nous a laissé le
Livre des Miracles
,
au début du XIème siècle. Même alors, cependant, la Majesté n'apparaissait pas dans son
état premier, puisque Bernard parle des enrichissements considérables dont elle avait
bénéficié à la suite de donations. Il faut donc admettre que la statue actuelle, bien
que remaniée, a vu le jour au IXème siècle, peu après l'arrivée des reliques de la
sainte agenaise à Conques. Ceci lui conférerait une antériorité certaine par rapport
aux autres statues connues, la Vierge d'or de Clermont par exemple, qui semblent toutes
appartenir au Xème siècle.
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Lors du démontage et de la restauration de 1955, on s'aperçut que les deux blocs de bois
d'if, grossièrement taillés à partir du tronc d'arbre, et servant de support aux minces
feuilles d'or du revêtement, s'arrêtent au niveau du cou. La tête, d'un or différent, trop
grosse pour le corps et mal adaptée à lui, est donc creuse. Les archéologues sont d'accord
maintenant pour admettre que cette tête, antérieure à la statue, appartenait sans doute à
un empereur romain du Bas-Empire. Et, à la réflexion, on s'aperçoit que ce masque viril est
pour beaucoup dans l'étrangeté qui se dégage de la sainte. De même, l'examen paraît prouver
que la couronne fut, à l'origine, un diadème royal dont on aurait réduit le diamètre pour
l'ajuster à la tête de la statue. En y ajoutant les nombreuses intailles antiques sur
cornaline ou améthyste, la grande intaille en cristal de roche de la Crucifixion sur le
dossier du trône, analogue à celles des trésors impériaux, on peut conclure que Sainte-Foy
de Conques a dû bénéficier de donations royales de la part de souverains carolingiens,
peut-être Louis le Pieux ou Pépin d'Aquitaine, qui s'érigèrent en protecteurs de l'abbaye.
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Beauté de l'oeuvre
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L'oeuvre n'est pas belle en soi. On pourra critiquer sa raideur, son corps informe, sa
petite taille (85 cm). En réalité, il faut faire effort d'imagination pour saisir le
dessein poursuivi, voici un millénaire, par son auteur : représenter la sainte
triomphante, transfigurée par son martyre, accompagnée de ses attributs royaux, la
couronne et le trône qui symbolisent sa gloire céleste. Cette fascinante Majesté de
sainte Foy est entourée encore d'une quarantaine de pièces d'orfèvrerie, sans compter
les tissus précieux qui enveloppaient les reliques ou les tapisseries d'Aubusson du
XVIème siècle représentant, en quatre scènes, le martyre de la sainte.
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Intaille de la robe (217)
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Textes de Jean-Claude FAU
Guide Bleu - Midi Pyrénées
Photographies d'André KUMURDJIAN
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