CONQUES : visite du village
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L'habitat conquois
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Des maisons à deux entrées...
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Il ne reste pas de maisons de la période romane et les plus anciennes du village datent
seulement de la fin du Moyen Age. Mais l'adaptation à la pente du terrain et
l'utilisation des matériaux locaux confèrent une grande unité à l'habitat conquois,
quelle que soit l'époque de la construction. Disposées en palier sur le versant, les
maisons tournent en général leur façade principale vers le midi, et elles possèdent deux
entrées, celle du rez-de-chaussée ouverte sur la rue inférieure, celle de l'étage sur
un jardin ou la rue supérieure. D'après un dicton local : "A Conques, on entre au
grenier pour ressortir par la cave". Cette dernière est partout présente dans cet
ancien pays de vignerons, parfois juxtaposée à une boutique-échoppe. Chaque emplacement
a dû être creusé dans le roc et, pour prévenir les éboulis, un arc de décharge vient
souvent s'appuyer contre la paroi du fond.
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Matériaux utilisés
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Le schiste règne partout en maître. Extrait sur place et facile à débiter, il fournit
non seulement la pierre à bâtir, mais aussi les lauzes des toits et le pavé des rues.
Les hautes toitures aux reflets d'argent, agrémentées de lucarnes ou même de clochetons,
contribuent beaucoup au charme du bourg. Le schiste cède la place à la pierre de taille,
le grès rose ou gris. Le granit plus rarement, pour les encadrements de portes et de
fenêtres. Enfin le beau calcaire jaune de l'église, le «rousset», se retrouve çà et là
dans les constructions, parfois sous forme de colonnes ou même de fragments sculptés en
provenance des bâtiments monastiques romans. Le pillage de matériaux par les habitants
atteignit sa plus grande ampleur vers le milieu du siècle dernier, après la démolition
du cloître. Mais il avait commencé plus tôt : on découvre des pierres sculptées dans
des demeures datant du XVIIème siècle tel ce corbeau présentant Adam en train de
croquer la pomme qui supporte l'encorbellement d'une maison, à l'entrée de la
rue Charlemagne.
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Façades à colombages
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L'originalité de Conques réside aussi dans ses façades à colombages édifiées selon une
même technique, des pans de bois disposés en oblique ou en X avec un remplissage de
schiste, depuis le XVème siècle au moins jusqu'aux environs de 1900. Les plus belles
façades ont deux étages en encorbellement supportés par des poutres aux têtes taillées
en console. Pour qui les contemple depuis le site du Bancarel, par exemple, les
vieilles maisons de Conques forment avec
l'abbatiale Sainte-Foy
qui paraît les écraser de sa masse, un ensemble indissoluble, d'un pittoresque
exceptionnel.
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Les remparts
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Dès sa naissance ou presque, Conques devint une ville close, l'une des premières du
Rouergue probablement. La construction des remparts remonte en effet à l'époque romane,
comme le prouve l'architecture des trois portes d'enceinte encore existantes. La Porte
de Fer, une simple poterne, possède un linteau en bâtière identique par sa forme à
celui du portail sud de
l'abbatiale, tandis que les deux autres,
Porte du Barry
et
Porte de la Vinzelle,
voûtées en berceau, s'ouvrent extérieurement par un arc en plein cintre doublé d'un arc
de décharge. La
Porte du Barry
présente même toutes les caractéristiques d'un édifice du XIème siècle avec ses
volumineuses impostes supportant les retombées de l'arc en grès rouge.
Par la suite, l'enceinte fut remaniée ou renforcée à plusieurs reprises, en particulier
devant la menace des routiers de la guerre de Cent Ans. Mais son tracé initial (un
rectangle de 250 mètres sur 150 environ, orienté nord-ouest/sud-est) a été respecté. Il
demeure parfaitement visible aux Combes, au-dessus du village, et surtout dans le
secteur bordant le cimetière actuel et le
cloître
surplombant le ravin de l'Ouche. Là, les remparts servirent aussi de murs de
soutènement pour les bâtiments de l'abbaye, ce qui explique leur énorme appareil de
schiste et leurs contreforts, inconnus ailleurs. Deux tours seulement restent en place,
à peu près intactes, celle qui défendait la tour de la
Porte de la Vinzelle,
au nord-ouest, et la tourelle en encorbellement du cimetière.
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Fours et fontaines publiques
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Dans la crainte de l'incendie, on prit la précaution d'installer les fours à pain en
dehors des remparts. Il en existe encore deux, reconstruits à l'époque moderne, l'un
devant l'ancienne Porte de Fumouze au «bout de la ville», l'autre dans le «balat»
(fossé) qui longe le rempart occidental, près du chemin des écoles.
Conques a aussi le privilège de conserver ses fontaines de l'époque romane, toutes
conçues sur le même modèle. L'eau de source captée par une canalisation de pierre se
déverse dans un réservoir souterrain maçonné et couvert d'une voûte en berceau; l'accès
se fait sur la rue par une ouverture en plein cintre. Au XIIème siècle, le
Guide des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle
signalait ainsi la fontaine du Plô en contre-bas de la place de
l'Eglise :
"Devant la porte de la basilique coule une source excellente dont les vertus sont
plus admirables encore qu'on ne peut le dire».
Son réservoir s'enfonce sous le sol de la place jusqu'à hauteur du portail de droite de
l'abbatiale.
La fontaine de Fumouze, qui accueillait les pèlerins au terme de leur longue étape, a
gardé les margelles destinées à recevoir les seaux. Et les claveaux de son arc, en
calcaire jaune, très bien appareillés, paraissent bien les contemporains de ceux de
l'église romane
ou du
cloître.
La
fontaine du Barry,
enfin, se situe elle aussi hors les murs, en bordure de la
rue Charlemagne.
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Textes de Jean-Claude FAU
Editions du Beffroi - Conseil Général de l'Aveyron
Photographies d'André KUMURDJIAN
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