CONQUES : détails du tympan du Jugement Dernier
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Le tympan du Jugement dernier
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Détails de l'enfer
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Entrée de l'enfer
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Le monstre biblique, le Léviathan, la gueule grande ouverte, engloutit les damnés,
poussés dans sa grande gueule par un diable, tête tournée pour regarder les élus qui
lui échappent.
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Quatre anges
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Les deux tournés vers le Christ portent, l'un, le livre de vie, l'autre, un encensoir.
Les deux tournés vers les damnés tiennent lance, bouclier et gonfanon. Ils éloignent
les damnés comme le porte écrit le bouclier :
"Les anges sépareront les méchants des justes".
L'enfer est le monde du renversement, chacun est puni par où il a péché. Les supplices
infligés ici aux damnés se réfèrent aux péchés capitaux (
orgueil,
avarice,
impureté,
envie,
gourmandise,
colère,
paresse).
Les personnages de ces horribles scènes n'étaient pas des êtres fictifs mais des
contemporains.
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Satan et la paresse
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Satan, trônant au milieu de diablotins fort affairés, accueille les damnés. Allongé
sous ses pieds, le paresseux, assis pour l'éternité dans les flammes. À la pointe de
ses pieds, un crapaud, symbole de la paresse.
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L'orgueil
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L'orgueil personnifié par un chevalier désarçonné, qui, voisin ambitieux de l'abbaye,
convoitait ses biens. Tiré par un démon il est enfourché par un autre. De son vivant il
avait été excommunié par les religieux du monastère.
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La luxure
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Un homme et une femme, attachés et mains liées, attendent le supplice réservé à la
luxure. Quel sera ce supplice ? Un démon au-dessus d'eux s'en informe malicieusement
auprès de
Satan.
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L'avarice
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Et ce pendu ? reconnaissable à son sac d'écus pendu au cou : c'est l'avare.
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Le mensonge
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En Enfer plus de médisance, plus de calomnies, plus de mensonges possibles : les
mauvaises langues, on les arrache !
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La colère
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Là c'est la colère au paroxysme ! Pour la calmer, un petit plongeon dans une chaudière
brûlante !
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Le braconnage
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Et voici le sort des braconniers qui ont chassé dans les bois de l'abbaye : ils sont
passés comme un lapin à la broche, et cela, un lapin aidant !
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La vanité
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Un diable bousu vient de s'emparer de la harpe d'un damné, auquel il arrache la langue
avec un crochet. Ce malheureux, musicien et chanteur donc, représente probablement
l'histrion, l'amuseur public, symbole de la vanité des plaisirs de ce monde.
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La puissance
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L'orgueil des puissants lui aussi est châtié. Les génuflexions continuent, mais quelle
dérision ! Au prince qu'il honore, le flatteur, de ses dents, arrache la couronne.
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La gourmandise
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Aux gourmands on fait restituer leurs gourmandises ! Par des moyens efficaces s'il le
faut !
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La fornication
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Ce qu'ils ont fait ces deux, un démon le montre écrit ostensiblement sur un parchemin,
à leur plus grande honte !
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Le faux-monnayeur
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Devant lui ses instruments qui lui rappellent le motif de sa condamnation. Pour ce
faussaire assis dans les flammes, le supplice consiste à avaler de force le métal en
fusion versé par un démon.
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Les hérétiques
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Reconnaissables par le parchemin et le livre d'hérésies qu'ils tiennent en main. L'un
d'eux est mis plus bas que terre, d'un pied un démon lui ferme la bouche. Finis les
faux messages.
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Le pillage du trésor par l'évèque Etienne de Clermont
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Pris dans un filet que tire avec effort un diable pansu, trois religieux, dont un tient
une crosse. C'est Etienne, évêque de Clermont et administrateur de l'abbaye de Conques
au Xème siècle, qui, de connivence avec ses deux neveux pilla le
trésor.
Devant, abaissé et humilié, Bégon II, lui aussi abbé du monastère. Il devait sa charge
d'abbé à des agissements frauduleux, et il avait en plus dissipé les biens de l'abbaye.
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Textes de Jean-Claude FAU
Editions du Beffroi - Conseil Général de l'Aveyron
Photographies d'André KUMURDJIAN
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